D'hier à aujourd'hui

De la province d'Anjou au département de Maine-et-Loire...une indéniable continuité, une riche histoire à découvrir.

La saignée de la première guerre mondiale

La guerre de 1914-1918 coûta la vie à près de 20 000 Angevins. Dans une économie fragilisée, l'Anjou peine à trouver de nouveaux repères, s'appuyant sur ses valeurs sûres. Le poète patoisant Marc Leclerc (1874-1946) exprime la nostalgie ambiante de l’Anjou traditionnel. Des permanences sont significatives : en 1936, sous le Front populaire, la statue du « Vendéen » due au sculpteur d’Action française Real del Sarte, est inaugurée au Bois-Grolleau, près de Cholet —non sans incidents, il est vrai. L’ouverture vers la gauche observée à l'est du département et les progrès du mouvement ouvrier demeurent sans effets déterminants sur la tendance politique générale du département qui demeure résolument conservatrice.

L'Anjou dans la seconde guerre mondiale

Après les incertitudes de la "drôle de guerre", durant laquelle Angers abrite le gouvernement polonais en exil (novembre 1939-mai 1940), l'Anjou est occupé en juin 1940, malgré le sacrifice des cadets de Saumur. La résistance s'y exprime dès les premiers jours, avec la constitution du réseau "Honneur et Patrie de Victor Chatenay, qui sera maire d'Angers à la Libération.

 

De nombreux faits de résistance valent à leurs auteurs d'être fusillés ou déportés, parmi lesquels il faut citer Marie Talet, directrice du lycée de jeunes filles d’Angers. Angers connut également la déportation raciale, avec notamment le départ d'un convoi de 853 juifs vers Auschwitz en juillet 1942.

La Libération ne s'effecua pas sans drames : les bombardements des 29-30 mai 1944 détruisirent  quartier de la gare ; de même à Saumur, celui des ponts. Quelques semaines plus tard, au lendemain de la percée d’Avranches, ce fut l’arrivée des troupes américaines du général Patton et l'installation à Angers du gouvernement provisoire du général de Gaulle, incarné par Michel Debré.

Le sursaut économique des Trente glorieuses

Après la seconde guerre mondiale, un essor démographique supérieur à la moyenne nationale porte le chiffre de la population, alors l’une des plus jeunes de France, à 584 709 habitants en1969. Angers, qui compte alors près de 135 000 habitants s’agrandit de quartiers neufs, tel celui de Belle-Beille. Si les établissements Bessonneau ferment leurs portes en 1965, de nouvelles industries, s'implantent, accompagnant le développement des technologies : télévision, électronique. Des zones industrielles se constituent autour des petites villes ; dans les Mauges, Cholet devient la capitale de la chaussure et la région représente 15 % du chiffre d’affaires national du secteur. Alors que les industries extractives traditionnelles (ardoise, fer, or), entament un inexorable déclin, des industries de pointe s'installent jusque dans les centres modestes, comme à St-Pierre-Montlimart.

L'évolution "à l'angevine"

Au lendemain de la libération, le Maine-et-Loire approuve majoritairement le M.R.P., puis en 1951, le R.P.F. et en 1956 ; les idées poujadistes. Les différentes consultations électorales ont confirmé la mesure qui caractérise le comportement angevin, hostile aux extrêmes même si Angers se dote en 1977 d'une municipalité socialiste conduite par l'ancien syndicaliste Jean Monnier. De profondes mutations ont lieu pourtant. Jusque dans le bocage, l’influence du syndicalisme agricole a supplanté celle des propriétaires ; l’audience des syndicats ouvriers grandit en fonction des progrès de l’industrialisation. L’université catholique d’Angers voit s'installer à ses côtés, après 1971, une université d’État. Un autre Bazin, Hervé, dont la personnalité est bien différente de celle de son illustre parent, a donné l'Anjou pour cadre à sa vie et à une partie de son œuvre. Au château d’Angers, une galerie abrite désormais la tenture de l’Apocalypse, qui, avec Le chant du Monde de Jean Lurçat, installé dans l'ancien hôpital Saint-Jean, fait de la ville la capitale de la tapisserie, tandis que Fontevraud a cessé d’être une prison centrale pour offrir au public le cadre rénové de la plus grande cité monastique d'Europe.

Atouts et limites

Des questions restent toujours posées : l'avenir de l'agriculture est l'une d'entre elles, l'activité continuant à être un marqueur de l'économie et de l'identité du territoire. A la fin du XXe siècle les évolutions industrielles ont été très fortes, tant avec la disparition des grandes activités extractives traditionnelles –seule demeure, fragilement, une exploitation ardoisière- qu'avec l'effondrement de la production de la chaussure en Choletais, heureusement compensées par des efforts méritoires de reconversion (pôle végétal, pôle enfant).

A l’heure de l’accélération des transports, la construction d’autoroutes a été menée à bien, même si le transfert à Marcé de l'aéroport d’Avrillé n'a pas engendré de trafic aérien notablement supplémentaire. Routes et TGV relient Angers à Paris en moins de deux heures, et directement aux plus grandes villes sans escale. Les universités et grandes écoles rassemblent près de 30 000 étudiants, et l'Anjou reste un département jeune, à la natalité forte. Mais le département reste éclipsé au point de vue touristique par les destinations côtières (Bretagne, Vendée), et par la Touraine voisine malgré l'obtention en 2000 du label Unesco. Le choix de Nantes pour capitale lors régionalisation fait craindre qu’Angers ne soit satellisé par la métropole de la basse-Loire, malgré la bonne résistance de son activité culturelle et de son image.

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